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Honneur à Saint John Perse

Vues culturelles
par Tristant GUERET *
* l'auteur a utilisé un pseudonyme
Né juste avant la déclaration de la deuxième guerre mondiale.
Passe ses premières années dans le plus profond du LIMOUSIN.
Les suivantes à PARIS et en BRETAGNE prés de la Ville d’YS.
Commence un jour à faire une mosaïque en copiant le Corbeau de RAVENNE.
Puis un Hibou de son cru, puis la Mer au jusant et son écriture sur l’estran.
Un jour et en plein jour vole deux dalles de granit aux yeux de tous dans un chantier,
Fabrique un Ruban de Moebius en acier inoxydable,
Le pique sur un rouleau de Tabulatrice de mille caractères en fonte,
Les assemble sur dalles de granit pourvues d’un chip d’INTEL inséré en surface,
Décide que c’est HIC et NUNC la naissance de l’informatique Personne n’objecte.
Devient Sculpteur.
Expose deux ans de suite au SALON d’AUTOMNE.
Lit Saint John Perse dans le texte, devient accro et addict
Ecrit un poème pour chaque statue et chaque mosaïque,
Se refuse à plagier Saint John Perse mais reconnaît qu’il est « sous influence »
 
« Prédateurs, certes!nous le fûmes;et de nuls maîtres que nous-mêmes tenant nos lettres de franchise---Tant de sanctuaires éventés et de doctrines mises à nu, comme femmes aux hanches découvertes ! Enchères aux quais de corail noir, enseignes brûlées sur toutes rades, et nos cœurs au matin comme rades foraines « SJP CHRONIQUE Chapitre 3

A la question souvent posée : Quel livre emporteriez- vous dans une île déserte ? Je répondrais sans hésiter: Œuvres complètes de Saint John Perse dans la PLEIADE.
Et si le bagage devait être encore plus léger (Alexis Léger Saint Léger, vrai nom de Saint John Perse…) j’affirmerais : ANABASE.

Il s’agit pourtant de la lecture poétique la plus exigeante, la plus ardue qu’il m’ait été donné de tenter : La première fois je m’arrêtai à la deuxième page et j’abandonnai comme devant porte close. La deuxième fois je parvins au terme d’un chapitre et restai sur le seuil présentant mes » lettres de franchise ». La troisième fois, début du reste de ma vie, je m’installai pour le solde du temps.

Ma recommandation à ceux qui, par chance, n’ont encore jamais tenté la lecture de l’œuvre et pour qui il n’est pas trop tard ? Armez-vous de patience et de courage, ne vous imposez pas au livre, laissez à l’écriture le temps de vous reconnaître, de vous inviter, de vous accompagner. Soyez courtois, discret, conduisez vous en compagnon de voyage.

A quoi Saint John Perse nous invite t’il donc pour que tant de précautions soient de mise ? Mon sentiment : Il conduit notre vie à changer d’orbite. Nous découvrons, mais c’est une ascèse, un nouvel espace-temps où l’éternité et l’ubiquité s’entrecroisent ; nous découvrons l’honneur de la méditation solitaire qui présage et prépare l’audace et ce que nos Anciens appelaient l’ataraxie qui n’est pas une posture stérile, mais le souci de se dégager des troubles superflus, à l’aube de l’aventure.

La prose poétique superbe de Perse nous appelle au discernement et à la quête d’un risque essentiel qu’il appartient à chacun de déterminer: Aucun enseignement, aucune leçon, aucun ordre mais simplement l’attention attirée vers un autre style de vie, une autre appréhension du monde.

Bien sûr on entendra des cuistres critiquer l’Atlantisme, quelque peu excessif il est vrai, d’Alexis LEGER au QUAI d’ORSAY, dans ses hautes fonctions diplomatiques et d’autres, non moins cuistres,lui reprocheront ses critiques, discutables certes, d’un certain »césarisme » de Charles de GAULLE à la Libération…

Mais de grâce, que ces rides à la surface de l’eau n’empêchent pas le nouveau lecteur d’entrer d’un pas ferme et paisible dans l’univers persien et d’en ressortir autre.

« Il naissait un poulain sous les feuilles de bronze. Un homme mit des baies amères dans nos mains. Etranger. Qui passait. Et voici qu’il est bruit d’autres provinces à mon gré… Je vous salue, ma fille sous le plus grand des arbres de l’année « SJP ANABASE.

Et voici que je prends coutume d’écrire un poème pour chaque statue ou chaque mosaïque que je fais de mes mains’.
Voyez la photographie ci-jointe de la statue LE CAP et lisez le texte du poème qui l’accompagne .L’influence persienne est clairement perceptible n’en doutons pas. Cette statue a précédé de peu la disparition en mer d’Eric TABARLY, prémonition ?
Que ferons-nous sans TABARLY le taciturne dont le PEN DUIK écrivait sur l’océan un long poème épique et silencieux? Mais la mer est si grande …Repérons nos amers, Faisons voile de conserve pour une nouvelle anabase en chevauchant les lames…

HOMMAGE à TABARLY HONNEUR à SAINT JOHN PERSE
   
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